TUNIS (TAP) – Après l’indépendance, la Tunisie a parié sur la Culture en tant que support du développement, mais concrètement, cette démarche n’a pas été à la hauteur des aspirations et des attentes des hommes de lettres et des créateurs
Investir dans la culture était le rêve d’un certain nombre d’investisseurs tunisiens dont M.Slaheddine Smaoui qui a eu l’idée en 1983 de penser à la création d’un espace culturel et touristique nommé KEN alliant authenticité et modernité.
Aujourd’hui, cet espace est menacé de fermeture et de perdition car le propriétaire des lieux n’a pas pu rembourser un crédit à moyen terme d’une valeur de 374 mille dinars emprunté auprès d’une banque tunisienne. Actuellement la banque créditrice menace de saisir l’établissement et de le revendre.
L’espace Ken a été inauguré en 1996. M.Slaheddine Smaoui a mis les bouchées doubles pour dynamiser cet espace grâce à ses divers compartiments et ateliers consacrés aux métiers de l’artisanat dont la fabrication du tapis, de la soie, de la céramique, outre un atelier de meubles traditionnels (chambre à coucher, salons et autres..).
Ces ateliers constituent une partie intégrante du Village Ken qui comporte aussi, des ateliers de vêtements traditionnels et des échantillons de la kesswa traditionnelle que portaient jadis les femmes et les mariés dans diverses régions du pays, particulièrement Tunis la capitale, Hammamet, Sousse, Mahdia, Djerba, Sfax et le Kef. Ken renferme également des espaces culturels et de loisirs, des résidences pour les créateurs et les artistes, des galeries d’art plastique, un théâtre de plein air, une salle de congrès, un conservatoire de musique, un restaurant et une piscine ainsi qu’une bibliothèque spécialisée dans l’architecture et un parcours de santé.
Dans une déclaration à l’Agence TAP, M.Slaheddine Smaoui a indiqué que le village Ken a été construit selon la cachet architectural
Il a expliqué que tous les produits du village sont inspirés du patrimoine national et conçus selon une vision moderniste tout en préservant leur authenticité.
Il a fait remarquer que ce village qui a fait l’objet d’un intérêt particulier de la part du monde entier en tant qu’expérience avant-gardiste, a hébergé de nombreux créateurs de Tunisie, du monde arabe et des pays de la rive nord de la méditerranée.
M. Smaoui a rappelé que Ken constitue la première expérience d’un village consacré à la promotion de l’artisanat national pour le hisser au rang des métiers d’arts.
»Malheureusement, j’ai tenté plusieurs fois en vain d’attirer des promoteurs privés et de les convaincre de contribuer à la préservation de cet acquis national. Ils ont toutefois exprimé leur peur d’investir dans des projets culturels » a t-il dit.
Notons que le ministère de la Culture a dans un document daté du 19 octobre 2011 souligné l’importance de cet espace et la nécessité